Je continue ma petite série dédiée aux autres photographes commencée avec l’interview de Christophe Flers.
C’est au tour cette fois de Jacques Mateos. On peut dire que Jacques est spécialisé dans le mariage même s’il lui arrive de réaliser des portraits comme vous pourrez le découvrir sur son site. Son talent n’est plus à prouver vu les associations internationales dont il fait partie (et évidemment n’importe qui n’y rentre pas).
C’est parti !
Quel matériel utilises-tu ?
5D MKII et 1DSMKIII, le DS étant utilisé dans certains cas en extérieur ou des scènes où il faut aller vite (je trouve les collimateurs du 1DSMKIII mieux placés)
24 1.4, 50 1.4
16-35 (entrée Mairie et Eglise, espace réduit ou si volonté de donner plus de dynamique à 16), 24-70 (mi distance en reportage), 70 – 200 (couples en extérieur)
dans certains cas spécifiques où je peux me placer facilement sans obstacle: 85 1.2 et 135 2.0
Pourquoi rouge ?
J’étais Nikon en argentique, je suis passé Canon avec un 20 D et un 1DMKII, depuis je me suis habitué à l’ergonomie, mais peu importe la marque, simplement quand on a commencé, on est un peu « marié avec.. »
Quel est ton objectif favori ?
D’une façon générale les grands angles, j’utilise beaucoup les focales autour de 24 (que cela soit sur le 24-70 ou le 16-35) ce qui m’a amené à acheter un 24 1.4.
Quelle est ta photo préférée de tous les temps ?
Difficile de choisir, j’en ai toujours plusieurs à chaque mariage… C’est plus le mariage en général qui va donner un attachement sentimental à la photo. Un exemple avec celle ci-du mariage de Colombe et Arthur.

Toute la cérémonie dans l’église avait une résonance particulière, une des rares fois où on ressentait une grande joie, de la gaieté, de l’amour, de la solennité et pourtant beaucoup de détente, cela a duré toute la messe. J’aime beaucoup cet échange de poignée de main et le regard de Colombe pour son père. C’est un moment très fugitif et que l’assistance ne perçoit pas, la photo permettra de faire revenir aux 3 personnes ce qu’elles ont pensées et senties à ce moment bien précis et que, quasiment, eux seules ont partagées à ce moment là, c’est tout à fait l’exemple de ce que j’aime faire même si ce n’est pas spectaculaire..
Quel est ton meilleur souvenir en séance / mariage ?
Je n’en ai pas un seul mais beaucoup, difficile de les lister, c’est lié aux relations avec les gens. Quand ils viennent me voir spontanément pour me dire comme c’était beau ou émouvant ou autre et que finalement ils oublient que je suis le photographe et là je suis complètement intégré. Dernièrement avec une famille qui venait de l’étranger, je me suis fait « attraper » par la taille par la grand-mère de la mariée qui m’a dit (en anglais) « vous êtes la personne la plus importante de la journée, je veux trinquer avec vous » et qui s’est lancé dans une explication sur la vie, le temps, la famille, l’intérêt de la photo etc etc.. J’avoue que sur le moment cela m’a fait plaisir mais après cela m’a fait réfléchir.
Et le plus gros pépin qui te soit arrivé ou ta plus grosse source de stress ?
Je n’ai jamais eu de pépin (je touche du bois tout de suite) et je suis rarement stressé (c’est un mot que je n’aime pas). Ah si, il me revient une crevaison en arrivant pas loin de chez un marié pour la préparation, la roue était bloquée et impossible de la changer, j’ai appelé le marié qui est arrivé avec du matériel de garagiste. J’avais pris de la marge de sécurité, donc pas d’impact sur les horaires mais quand même un petit coup de stress sur le moment. D’une façon générale j’essaye d’anticiper sur les horaires et de prendre des marges et d’envisager des plans B… sinon ma première préoccupation c’est d’avoir des cartes vierges dans ma poche de chemise et d’avoir mes cartes utilisées rangées en lieu sûr (sur moi).
Qu’est-ce qui t’a décidé à te lancer ? Le moment où tu t’es dit « bon j’me lance, je vais en vivre maintenant ».
Le point important dans la phrase c’est de savoir « comment on veut en vivre » et même plus « comment on veut vivre… ». On commence pas par se dire « je veux en vivre », au début. Je pense que pour que cela se fasse bien, les choses doivent s’enchainer naturellement et il y a des étapes que je pense obligatoires et un jour la situation est telle que la transition peut se faire quasiment naturellement et dans la continuité sans gros changement.
En ce qui me concerne, cela s’est passé quand je me suis rendu compte que je pouvais remplir un planning avec des gens qui me plaisaient et qui me laissaient faire ce que j’avais envie en me disant on vous/te fait confiance, d’une part, et d’autre part quand des gens du métier que j’appréciais (et apprécie encore) m’ont tendu la main, là je me suis dit « c’est peut être faisable ».
As-tu d’autres passions ?
Mes filles… la mer…. la voile, même si je l’ai délaissé pour l’instant.
Quelle est l’erreur la plus courante que font les débutants selon toi ?
Je vois couramment 3 types d’erreurs:
- faire de la technique
- se lancer trop tôt, sans être près
- « s’y croire » (l’orgueil)
faire de la technique…: cela veut dire penser que la photo de mariage (et de couples en général et par extension de portrait, on pourrait même dire la photo tout court) se résume à choisir des focales et des vitesse d’obturation… on apprend rapidement que la meilleure photo n’est pas (forcément) celle la plus réussie techniquement.
se lancer trop tôt, sans être prêt…: comme dit précédemment, on ne devient pas photographe de mariage du jour au lendemain. C’est difficile d’un point de vue pratique (rythme soutenu, périodes de l’année chargées suivies de périodes à faible charge, moments de doute récurrents).
C’est délicat de trouver son style pour y être à l’aise et pour être capable de résister à l’usure, on doit aimer ça et aimer ça, cela veut dire être à l’aise avec sa clientèle d’où l’importance d’y réfléchir et de pratiquer avant…
C’est très dur de changer « rapidement » d’orientation « une fois que c’est parti », d’où l’importance de choisir ce qu’on a envie de faire et pas d’aller forcément vers un certain type de clientèle qui apparemment seulement permettrait de vendre mieux ou plus.
s’y croire…: de temps en temps il est important d’aller voir ce que font d’autres photographes, des confrères du mariage mais pas seulement, aller voir des reporters de guerre, des photojournalistes qui font des sujets sociaux internationaux ou des grands reporters qui partent 300 jours par an et qui rapportent des choses incroyables sur le monde …
J’ai trouvé sur un site US (oui encore eux) qui dit pour un photographe de mariage:
1-5 mariages – Sans expérience
6-10 mariages – Amateur ou qualifié comme assistant
10-20 mariages – Informé des pratiques
21-30 mariages – Expérimenté
31+ mariages – Professionnel, qualifié comme photographe principal
Bien sûr cela reste une idée générale, ce qui en d’autres termes veut dire que pour quelqu’un qui fait de la photo de mariage pour se lancer sans trop d’embuche il faut compter 3 ans…
Merci !
Son site : http://www.magicflightstudio.com/
Son blog : http://www.magicflightstudio.com/blog/



