D’ici quelques jours, cela fera 3 ans que je suis photographe professionnelle. Ça me fait toujours bizarre d’écrire ça parce que j’imagine toujours derrière ce mot le grand photographe qui bosse avec des top models, à Paris, dans un studio de 6000m2 avec 10 milliards de flashs dans tous les sens et c’est loin d’être comme ça que je travaille (non c’est plutôt un p’tit studio cosy installé dans mon séjour où on échange autour d’un thé avec des croissants frais).
Pas plus tard qu’hier on me disait : si je t’avais connue avant, je serais venue te voir pour que tu photographies mes enfants. Ben oui mais non, il y a 3 ans, tout était différent. Et dans 3 ans j’espère que ça sera aussi différent.
Voici Lily, quelques jours à peine. Un des premiers bébés que j’ai photographiés, pour m’entrainer, avant d’être déclarée.
Quand on développe ses images en chambre noire numérique, on peut simplement appliquer ce qu’on appelle des presets dans les logiciels de retouche d’images. Ce sont des paramètres pré-définis qui permettent de traiter rapidement les photos. C’est ce que j’ai fait ici. J’ai livré pas moins de 209 photos aux parents (aujourd’hui, j’en livre entre 20 et 30 par séance). Oh le post traitement n’a pas été très long, un preset par ci, un autre par là et pouf pouf. Des presets tout sauf adaptés. La peau du bébé n’est pas respectée, les images sont bleues. Le visage du bébé est un peu masqué sur la photo de droite.


Sur les suivantes, clairement à gauche, vue plongeante sur les narines. Et sur celle de droite, vous voyez comme le post-traitement est mal fait ? Les zones ombrées sont saturées de rouge. Encore un preset appliqué bêtement. Et bonjours les incohérences en terme de rendu des couleurs.


Même sur cette photo qui est ma préférée de la séance avec Lily, il a des erreurs que j’ai faites à l’époque comme la couche qui dépasse et puis la zone noir à gauche d’Anthony, où on perd complètement les détails.

En 3 ans, j’ai beaucoup appris. L’expérience m’a permis d’avoir beaucoup plus d’assurance, un regard beaucoup plus critique et d’affirmer mon style.
Terminées les séances à la va vite. A la prise de vue, les détails sont soignés. Les mains, la petite bouche, les pieds, les plis… 4h pour mettre en scène en faisant attention aux moindres détails. Terminés aussi les bébés homards et les presets tous faits. Chaque image est peaufinée, une à une, comme un tableau. Là où je passais 1h pour traiter 200 images, aujourd’hui j’en passe 4 pour une galerie de 20/30 images. Ça en fera sûrement bondir certains. Ça n’est peut être pas la meilleure façon de travailler question rentabilité mais c’est ma façon de travailler et comme ça que je vois les portraits de bébés.



Voilà à quoi sert tout ce temps passé sur chacune des séances nouveau-né.
Dans 3 ans, je regarderai (je l’espère) mes photos d’aujourd’hui en me disant que j’aurais pu améliorer ci ou ça et je serai heureuse d’avoir appris, encore (enfin sauf si en décembre 2012 c’est la fin du monde).





















