Archives pour la catégorie ‘Vie de photographe’

Bientôt 3 ans

Jeudi, février 2nd, 2012

D’ici quelques jours, cela fera 3 ans que je suis photographe professionnelle. Ça me fait toujours bizarre d’écrire ça parce que j’imagine toujours derrière ce mot le grand photographe qui bosse avec des top models, à Paris, dans un studio de 6000m2 avec 10 milliards de flashs dans tous les sens et c’est loin d’être comme ça que je travaille (non c’est plutôt un p’tit studio cosy installé dans mon séjour où on échange autour d’un thé avec des croissants frais).

Pas plus tard qu’hier on me disait : si je t’avais connue avant, je serais venue te voir pour que tu photographies mes enfants. Ben oui mais non, il y a 3 ans, tout était différent. Et dans 3 ans j’espère que ça sera aussi différent.

Voici Lily, quelques jours à peine. Un des premiers bébés que j’ai photographiés, pour m’entrainer, avant d’être déclarée.

Quand on développe ses images en chambre noire numérique, on peut simplement appliquer ce qu’on appelle des presets dans les logiciels de retouche d’images. Ce sont des paramètres pré-définis qui permettent de traiter rapidement les photos. C’est ce que j’ai fait ici. J’ai livré pas moins de 209 photos aux parents (aujourd’hui, j’en livre entre 20 et 30 par séance). Oh le post traitement n’a pas été très long, un preset par ci, un autre par là et pouf pouf. Des presets tout sauf adaptés. La peau du bébé n’est pas respectée, les images sont bleues. Le visage du bébé est un peu masqué sur la photo de droite.

Sur les suivantes, clairement à gauche, vue plongeante sur les narines. Et sur celle de droite, vous voyez comme le post-traitement est mal fait ? Les zones ombrées sont saturées de rouge. Encore un preset appliqué bêtement. Et bonjours les incohérences en terme de rendu des couleurs.

Même sur cette photo qui est ma préférée de la séance avec Lily, il a des erreurs que j’ai faites à l’époque comme la couche qui dépasse et puis la zone noir à gauche d’Anthony, où on perd complètement les détails.

En 3 ans, j’ai beaucoup appris. L’expérience m’a permis d’avoir beaucoup plus d’assurance, un regard beaucoup plus critique et d’affirmer mon style.

Terminées les séances à la va vite. A la prise de vue, les détails sont soignés. Les mains, la petite bouche, les pieds, les plis… 4h pour mettre en scène en faisant attention aux moindres détails. Terminés aussi les bébés homards et les presets tous faits. Chaque image est peaufinée, une à une, comme un tableau. Là où je passais 1h pour traiter 200 images, aujourd’hui j’en passe 4 pour une galerie de 20/30 images. Ça en fera sûrement bondir certains. Ça n’est peut être pas la meilleure façon de travailler question rentabilité mais c’est ma façon de travailler et comme ça que je vois les portraits de bébés.

Voilà à quoi sert tout ce temps passé sur chacune des séances nouveau-né.

Dans 3 ans, je regarderai (je l’espère) mes photos d’aujourd’hui en me disant que j’aurais pu améliorer ci ou ça et je serai heureuse d’avoir appris, encore (enfin sauf si en décembre 2012 c’est la fin du monde).

Meilleurs voeux !

Lundi, janvier 23rd, 2012

Le mois de janvier n’étant pas terminé et mes cartes de vœux arrivant chez leurs destinataires, je suis encore dans les clous pour souhaiter mes vœux en bonne et due forme avec ma carte.

 

Et puis les jeunes pousses qui sont déjà passées sous mon objectif ont une carte sur mesure. La petite Louise, 11 mois, tient sa photo à un peu plus de 2 semaines. ♥

 

 

Qu’est-ce que ça fait d’aller à une séance photo ?

Lundi, décembre 12th, 2011

Fin octobre, je me suis prêtée au jeu de la séance photo. J’ai offert ce cadeau à mes parents pour Noël chez mon amie Anne-Lise, photographe à Beauvais, spécialiste des enfants. Je voulais leur faire vivre l’expérience pour qu’ils aient des portraits d’eux avec leurs petits-enfants. Finalement on a opté pour une séance famille avec les grands enfants. Et je me suis retrouvée de l’autre côté de l’objectif.

J’ai trouvé ça vraiment très intéressant de vivre ça. La séance m’a travaillée pendant des jours et alors le pompom c’était la nuit juste avant. Je ne pensais pas que ça pouvait stresser à ce point. Le matin même, j’avais l’impression qu’on allait à un mariage. Ça papillonnait dans tous les sens. Définir la palette de couleurs à porter pour les vêtements avant nous a aidés à ne pas trop nous poser de questions du côté des habits. Comment je me coiffe ? Comment je me maquille ? Est-ce que je refais ma (vieille) couleur ? Et surtout l’idée d’être photographiée, moi qui ai tant de mal avec mon image… Comme d’autres, le stress était tellement présent qu’on s’est disputé dans la voiture avant de venir !

Pendant la séance, là encore j’ai eu une impression de déjà-vu. Mes garçons se sont jetés sur la caisse de jouets en arrivant et après, mission impossible pour les faire passer devant l’objectif. J’ai pensé qu’Anne-Lise n’aurait rien à nous montrer comme portrait de mes loustics pas très coopératifs…

Comme mes clients, j’avais hâte de découvrir les images après la séance. L’impatience, un peu de hantise aussi. J’avais totalement confiance en Anne-Lise mais est-ce que mes parents allaient aimer le résultat de cette expédition ?

Quand j’ai découvert le diaporama, j’étais ravie du résultat et tellement surprise de découvrir des jolis portraits de mes loustics. J’étais persuadée qu’Anne-Lise n’aurait rien pu faire ! C’est marrant de les voir à travers le regard de quelqu’un d’autre qui a su figer pour chacun d’eux leur petite spécialité. La fausse timidité d’Arthur et ce côté coquin prêt à faire une bêtise de Jules.

L’expérience n’était pas finie. Je savais que si je ne faisais pas rapidement quelque chose avec des portraits, je n’en ferais rien et ils dormiraient sur mon disque dur avec les autres photos… Et quel dommage d’aller chez Anne-Lise pour avoir des photos qui dorment et dont on ne profite pas ! J’ai donc réalisé un livre. Et j’ai reçu le livre aujourd’hui.

Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais qu’avoir vu les images sur l’écran m’aurait « blasée ». Mais bien au contraire. Quelle joie de feuilleter le joli livre qui va rester sur nos étagères. J’ai regardé chaque page avec la larme à l’œil en réalisant quelle chance nous avions d’être réunis tous les 9.  Et j’ai hâte de mettre sur nos murs une composition avec ces jolis portraits.

Vivre cette expérience m’a donné envie de la renouveler, peut-être chaque année, pour que le volume 2012 vienne rejoindre 2011 et que nous laissions de beaux souvenirs à nos enfants.

Merci Anne-Lise :)